Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
iamovitch

Mort de Fidel Castro : La Vérité. Blah French Shoes

Publié le 22 Novembre 2010 par iamovitch in RUSSIA I SSSR

 

fidel-blues-brother

 

 

 

 

mata-hari1Loïc me fixa un moment. Il tentait d’avoir l’air de réfléchir à sa prochaine réplique. Peine perdue. Mais j’étais pas salop au point de refuser de jouer à faire semblant d’ignorer les règles. De mon côté j’affichais une mine que j’espérais un rien dubitative. Il en était à son troisième whisky allongé de glaçons qui n’avaient pas le temps de fondre. Les éclats fugaces d’une brume fiévreuse traversaient déjà son regard. Je tentais d’ignorer le sujet. Aux Echecs fixer un point faible qui enfle est toujours une mauvaise stratégie. L’histoire qu’il venait de me conter avec la parcimonie d’un espion de série B, ne tenait pas la route. Sa demande ressemblait à une bonne blague que l’on peut vendre aux marchands d’Hoax, mais ses blagues d’ordinaire n’étaient pas de ce style. Difficile de savoir s’il était sérieux. L’idée me vint soudain qu’il avait un problème personnel. Un truc qui le perturbait grave et qu’il n’osait pas aborder directement sans métaphore. Une histoire de nana. Une connerie. Je connaissais peu sa femme mais je savais que ce n’était pas le genre à passer les extras comme la salière à l’heure des spaghettis. J’hasardai : « Et…avec Olga ça va…? » A ma grande surprise ma question le désarçonna. Je sus avant qu’il trouve les mots que j’avais tout faux si je cherchais par là. « Bah mon vieux, ouais, toujours amoureux comme au premier jour, mon vieux, tu vois ». Je voyais. A son sourire un peu niais qu’on chope rarement sur le visage des mecs qui ont franchi la quarantaine. J’avais déjà entendu mille fois la suite : « Faudrait qu’on dîne tous ensemble un de ces jours, tu penses pas ? Ouais un de ces jours, faudrait, depuis le temps qu’on en parle. Olga a pas trop l’occasion de parler ruskoff avec moi ha ! C’est sûr ! Toujours fâché avec les langues moi ! Mais ouais mon vieux…ça va super bien nous deux, même si parfois c’est pas évident, mais c’est partout pareil hein ? » J’allais lui retourner une banalité. Sa chansonnette sur les rencontres familiales me faisait pas plus d’effet qu’une pub pour une savonnette. Je comprenais pas trop pourquoi il souhaitait si peu que l’on rencontre sa femme. Je cherchais plus. Je respectais. Ma réponse pointait, mais il reprit l’avantage « Bon alors ? Et notre affaire ? Ça marche ? Ça te semble possible ? » Visiblement ça le tenait. Fallait pas qu’on s’égare…croc tas

 

-  A vrai dire, franchement j’ai pas tout compris.

-  Quoi ?! c’est pas limpide ? demande mon vieux, demande ! je réponds j’t’assure !

-  Et bien…par exemple si c’est vrai ton embrouille…

-  Non, non, non ! y a pas d’embrouille, non, non, non : c’est tout limpide ! tout propre ! un peu détourné certes mon vieux mais acquis honnêtement ! sûr ! oublie pas ! rien à reprocher question légale ! j’t’assure mon vieux !

-  Ouais, bon ok admettons justement…Si c’est aussi nickel que tu l’dis pourquoi tu te procures pas le papier toi-même ? t’as bien des potes dans la partie ?

-  Haaaa ! des potes !! des potes ?! des envieux des jaloux mon vieux ! des crabes qu’attendent leurs collègues au tournant ! pour piquer ton siège ou pour le plaisir de te démolir ! ah ! tiens ! mon vieux ! bonjour les potes ! des fumiers oui ! sourires devant rapports derrière ! non, non, non ! toi j’ai confiance ! et crois-moi la confiance je la donne pas comme ça ! mais tu sais bien mon vieux : toi, toi t’es un pote ! sûr !

 

 

croc legionnaireIl attaqua son quatrième whisky. A ce rythme je pouvais jouer la montre sans forcer. Je portai gentiment à mes lèvres une choppe de verre que ne fréquentait plus qu’une saloperie de boisson pur glucose oxydo-carbonée dont la recette était la mieux gardée au monde, ce qui en soi prouvait que le monde était franchement mal barré…

 

-  Ha ! des potes, des potes…t’as pas confiance ou quoi ? non, non, non, sans blague, dis-moi, allez ! allez ! est-ce que je t’ai jamais menti ? est-ce que je t’ai jamais raconté des conneries ? hein ? allez ! allez ! dis-moi ! hein ?

 

En vérité, mentir, il faisait que ça et depuis si longtemps qu'il était impossible de déterminer si cela tenait à la nature de ses activités ou à l'activité de sa nature, mais bon j’allais pas être discourtois. Il décida que mon silence était tout joli positif.croc moche

 

Four Roses-  Ha ! tu vois, tu vois ! tu sais que j’ai raison : jamais de connerie ! je t’aime trop mon vieux ! j’ai confiance moi. Je sais que tu ne me laisseras pas tomber là !

 

Il sourit. Engageant. Une lueur d'affection scintillant dans la prunelle. Achevant de me convaincre à quel point, Loïc était bien le genre de pote, atypique certes, mais vraiment totalement parfaitement fiable. Là-dessus « convaincu » j'étais. Mais j'avais comme un doute qu'il ait voulu me le tatouer sur le cul en deux mots...Avant même qu'il entame son histoire, un détail m'avait heurté comme la vue d'une jolie petite beurette sexy dans le parterre des grosses truies de l'université d'été du Front National : Loïc était maqué à l'anis et ce n'était pas son apéro de principe qui trônait sur la table mais un putain de whisky. Un Four Roses qui plus est. Un putain de Four Roses... J'avais peine à saisir le sens de cette erreur : essayer de me troubler en m'exhibant les seins délicieux de mon ex-régulière, était aussi fin que de tenter d’infiltrer un groupuscule gauchiste en portant un tatouage délébile du Che sur la joue gauche et un tee-shirt « I’Love Lenine »…De toute évidence, c était pas les précautions de l’artillerie lourde...ça sentait l’improvisation de l’annexe de routine dont tout le monde se fout, hormis celui qui coche les deux heures d’activité dans le reporting…ç’était rassurant…si l’on garde en mémoire qu’une négligence peut être parfaitement calculée…

 

croc rose-  Ok…admettons que ta non-embrouille soit clean

-  Ha ! non t’es têtu ! c’est pas vrai là, tu m’offenses mon vieux à parler toujours d’embrouille !

-  Ouais bon mais faut bien trouver un nom à ton affaire, non ?

-  Ok, ok, alors je vais te dire comment la nommer : une preuve d’amitié, voilà ! c’est tout mon vieux ! donner un coup de main à un pote dans le besoin ! rien qu’un coup de main voilà ! c’est ça !

 

Je pensai qu’il allait s’en frapper la poitrine d’émotion, mais il se contenta d’un geste du poignet qui fit s’évader quelques gouttes de son verre.crocs-croc

 

Four Roses 3-  D’accord, d’accord…alors dis-moi…

-  Tout ! tout ce que tu veux mon vieux ! c’est clean ! je réponds ! vas-y merde ! entre-nous on va pas se gêner, non ? hein ?

-  Pourquoi…non d’abord on résume.

-  Sûr ! c’est ça : résume, vas-y ! y a un doute : je t’éclaire mon vieux !

-  Primo : t’es dans la merde et t’as besoin de tunes.

-  Ah ! ça…mon vieux, les finances au raz des égouts ! ouais ! et c’est pas mes trente points d’indice au prochain trimestre qui vont me remettre à flot ! et les heures sup c’est même pas la peine d’en parler ! vrai ! ça compte pour du beurre ! et j’ai pas les épinards ! sûr !

-  Bon…deusio : t’as acquit le plus cleanement du monde un objet « chaud » qui paraissait sans aucune valeur au commun des mortels.

-  Clean ! putain ! tu crois que j’irai risquer la claque pour ça ! mais mon vieux là où tu dis vrai, tu l’sais : ce genre d’objet est TOUJOURS « chaud ». Ouais sûr. Continue ! Excuse : continue.

-  Et bien…voilà qu’un client se présente, prêt à raquer dix fois son prix de vente.

-  Ha ! vieux roublard j’ai pas parlé tarif ! et je dirai rien mon vieux ! comprends ! mais je sais que tu comprends ! discrétion ! normal non ?

-  Bon, bon…ton « client » veut une assurance béton que tu vas bien lui fourguer l’original oui ou non ?

-  Ouais.

-  En matière d’assurance béton le monde ne jure plus que par l’ADN.

-  Ouais.

-  C’était pas une question…

-  Ouais j’avais compris ! mais t’as raison cent sur cent mon vieux, c’est tout ! ADN, ADN partout, premier sujet ! première question ! t’as l’ADN ? si t’as pas l’ADN c’est que t’as rien foutu ou que t’es con ! tout le monde va l’demander ! sûr. Aujourd’hui un mec peut égorger sa mère devant cinquante témoins, si tu chopes pas l’ADN c’est l’acquittement mon vieux ! faute de preuve !

-  Hum…t’exagères mais bon, ton client veut la preuve absolue, irréfutable : une analyse ADN officielle de chez « officielle ». Un truc qu’on peut pas fabriquer sur son micro.

-  Un truc qu’il faut SURTOUT pas fabriquer ! il mange pas des p’tits pots le « client » ! il s’en apercevrait fissa mon vieux ! et là ! là ! ah ! pire que tout !

-  Ouais…et faute de mieux t’as pensé que l’Armée Rouge était bonne sur le coup.

-  Ha ! arrête ! tu me fais marrer, tiens ! l’Armée Rouge ! arrête ! t’as bien toujours des contacts là-bas non ? et là-bas tout s’achète ? vrai ?

 

First Media AttentatJe pouvais pas le contredire sur ce dernier point…Si Ben Laden avait lu HG Wells et entendu parler de la soirée du 30 Octobre 1938, il se serait procuré une vieille tête nucléaire soviétique pourrave et aurait plongé l’occident dans le chaos le 13 Septembre 2001 en présentant le 11… comme un ultimatum…tous les amateurs de science-fiction le savaient mais la science-fiction n’était pas une lecture très prisée des islamistes…je pouvais pas le contredire mais j’étais pas obliger de le lui dire.

 

-  Niet !! niet !! niet !! tout ne s’achète pas ! tu te goures et tu devrais le savoir ! Ah tu vas pas me sortir les clichés à la con dont on gave la cervelle des blaireaux ! tout s’achète ! tout est à vendre à Moscou ! la Russie n’est qu’un repaire de mafieux d’alcooliques et de putes qui rêvent de burnes franco-américaines !! Ah ! pas toi ?!

-  J’ai jamais dit CA ! tu me cherches là, merde ! moi ?! moi ?! je peux dire ça ?! moi ?!

 

Il pouvait pas dire ça, évidemment. Mais je savais que sans sa bague au doigt, il n’aurait pas été loin de le penser.

 

-  OK ! ok ! je voulais pas te vexer ! mais bon, tu…

-  Quoi ! mais bon ?!

-  Mais bon rien, merde ! ok ! j’ai rien dit !

 

Il avait l’air furax. Sans doute les frustrations lui remontaient à la tête : la mise en quarantaine, les réflexions encaissées sans broncher, la promo retardée…va savoir…Je l’aimais bien mais il fallait profiter de cet instant d’instabilité et je connaissais le levier.Four Roses-2

 

-  Bon reprenons calmement : tu veux renflouer tes caisses en fourguant un accessoire de sex-shop à un gros malade, c’est çà ?

-  Hein ? qu’est-ce tu ?

-  Ha ! écoute j’en connais un rayon côté pervers ! me dis pas que ton client prend tant de précautions pour les mettre en déco dans sa vitrine ! il veut s’astiquer grave avec ouais !

-  HA !..HA !..mais t’es taré !!croc toy

 

Il déroutait. J’enfonçai la ligne.

 

Four Roses 5- C’est ton client qu’est taré ! ouais ! si encore il voulait sniffer une petite culotte de Rama Yade d’une main pendant que de l’autre il s’occupe : il serait humain ! mais les crocs à Bachelot ! il est complètement naze ! s’astiquer dans des grolles en plastocs qui puent les pieds ! un gros malade que t’alimentes, ouais !

- Ha !..ha !..mais ! t’es ! fumier !! voilà !! garde toi fumier !! tu !! de qui tu parles !! mais !! putain ! t’es taré !! dégueulasse !! voilà !! gros fumier !! t’es dégueulasse !!

- Alors pourquoi il les veut ces godasses ?!!

- Mais putain !! t’es !! je le dirai pas !! tu m’écoeures !! tu !! tu crois que tout le monde est malade comme toi ?!! hein ?!!

- Malade ?...

croc bach

Il s’était levé. Ca cramoisait dans sa tête. N’étant ni chez l’un ni chez l’autre, on était à égalité sur le tombé de rideau. Mais j’avais la main. Fallait la garder.

 

- Malade…ha c’est comme ça que tu me vois...

 

Four Roses 4J’attrapai ma veste. J’étais blême. Enfin j’essayai. Je quittai la pièce en claquant la porte sur ses imprécations…

Je ne pris pas l’ascenseur. Au fil des marches, je carburais. Loïc avait une énorme qualité : il était susceptible. Infiniment susceptible. Susceptible et fier et borné sur sa « fiéritude » comme un kabyle de Tizi-Ouzou sur l’hymen de sa sœur avant le mariage. Capable de vous faire la gueule trois ans d’affilé. Seule sa « conscience » professionnelle pouvait lui faire enterrer son orgueil sous une tonne de kleenex. Trois ans…et là, vu ma charge, j’en avais pris pour cinq…c’est con, je commençai à me sentir coupable…bon c’est vrai qu’on partageait que dalle question idées mais à peu près tout sur l’usage des Fenders et des Gibsons…ça rapproche...quand on estime que la conséquence la plus marquante de la chute du mur de Berlin est le concert de Roger Waters…

J’en étais à douter de ma tactique et à me demander où j’avais merdé, lorsqu’au rez-de-chaussée, la porte de l’ascenseur s’ouvrit sur un Loïc embarrassé…

 

- Ecoute, merde, mon vieux, c’est bon, je voulais pas te vexer, pour ta maladie j’veux dire…allez merde on va pas terminer comme ça !matahari paris 1910

 

Un frisson glacé me parcourut l’échine. Je voyais la tonne de kleenex. Cette fois y avait pas photo…il était bien là pour le boulot…fallait jouer…et dans cette partie j’avais rien mais vraiment rien à gagner…

 

 

 

 

 

(Suite --> Mort de Fidel Castro : La Vérité. KGB vs DST Round 1 ....)

Commenter cet article