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iamovitch

Lune trompeuse...

Publié le 7 Mars 2007 par iamovitch in Les contes du Père Sigmund

Aujourd'hui je me suis heurté aux avances insensées d'une belle inconnue...

Je me dirigeais d'un pas lent vers le Temple Culturel Contemporain où mon intellect assoiffé bien souvent se ressource...

Je savourais d'avance les énigmes diaboliques qu'il m'y faudrait résoudre : « du pain..., des cordons bleus de chez 1ER Prix..., du rouge, du blanc, de la bière et du cidre... ?? que n'oublie-je d'essentiel au tendre repas familial ?  »

C'est alors qu'elle me dépassa en me frôlant d'une manière qui eût été absolument anodine dans l'espace confiné d'un fourgon motorisé de la RATP mais qui pris d'emblée une dimension sensuelle et provocante dans cette large travée...La première chose que je remarquai fût sa robe noire et scintillante qui moulait outrageusement son corps... Elle marcha un instant devant moi, ondulant avec ce charme divin des ballerines à la frontière d'Eros et de l'obscène. Les effluves du désir semblaient s'écouler de son aura animal et chaud et venaient suavement taquiner mes récepteurs naseaux...

J'étais troublé...

Elle s'arrêta soudain, feignant de s'intéresser à l'improbable texture de quelque angle de muret. Puis sa tête pivota et le bleu nuit de ses yeux incandescents me transperça et inonda mon âme. Je me figeai. Sa bouche était humide...Sa langue frémissante...Sa croupinière arrogante opinait un va et vient imaginaire...je sentais déjà ma verge se cabrer comme un bourrin fougueux répondant à l'appel du foin ! J'oubliai tout ! Je fis demi-tour, Elle compris à mon émoi que j'étais tout à elle ! Elle me suivit...

   

Quand nous franchîmes la porte de mon logis, un doute épouvantable me submergea ! Comment allais-je pouvoir expliquer à mes enfants cet amour foudroyant ? N'allaient-ils pas être traumatisés par l'irruption brutale de cette nouvelle maman ?? Mon angoisse pourtant fût de courte durée : non seulement ils lui firent bon accueil, mais, contre toute attente, ils poussèrent des cris de joies en tournant, subjugués, autour d'elle !

  

Seule ma femme ne semblait pas très satisfaite...Elle ne souriait pas...Je crus même discerner dans son regard comme un relent de colère contenu...Elle me fit un petit signe pour m'attirer à l'écart...

« Ecoute », me murmura-t'elle, « je ne comprends pas : tu étais parti faire les courses et tu reviens avec un vieux chien qui pue... ».

Cette phrase fût un véritable coup de poignard ! Bon sang ! Je n'avais pas songé une seule seconde à vérifier l'authenticité de la féminité de la belle !  Et ce salop s'était bien gardé de m'étaler ses attributs ! J'éloignai mes pauvres enfants de cette scène abominable en les  enfermant, affamés et suppliants, dans la cuisine, après les avoir attachés solidement au poêle à charbon, puis furieux je me précipitai sur la bête ! Je repoussai violemment le vieux clebs jusque dans le corridor et le traînai de force par son collier à puces vers les portes de l'ascenseur ! Ignorant ses gémissements scandaleusement non-hétérosexuels et s'en même penser à la voisine rivée à son oeilleton et qui allait encore appeler Police Secours !

 

 

« Calme toi » me dit ma femme, « Ce n'est pas grave : on va commander des pizzas...»

 

 

 

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